mardi 9 février 2016

090216


du bâti redevable d'une certaine
vérité – on le croit. on nous a dit enfant
dis vrai. on s'oblige.
dans la contrainte du vécu s'enfouit très profondément
la bête
pelage libre robe essentielle & nuances
étoiles au col
crocs de rosée
en son terrier hiverne ou meurt –
le proche printemps
dira


lundi 8 février 2016

080216


des petits paquets de chair
nous sommes – ici – dans la quiétude de cet hiver trop doux
portés par un temps d'adieux
dans un verre de thé flotte le destin d'une poignée d'humains
tout près le sourire timide de la fragile comptable des âmes
puisque les âmes sont administrativement dénombrées
réparties là où place est là où veut bien la place
le bagage est léger les corps connaissent la fatigue
parce qu'ils viennent de loin parce que faits du danger qui dans ces montagnes
reste un mot assourdi par la chute des pierre
des larmes avec des cœurs chutent –
c'est la vie on doit se quitter jeunes&vieux on doit
hommes&femmes parents&filsfilles frères&sœurs
amis&amis
on doit : la vie étreint chaque parcelle on doit se quitter & poursuivre
quoi qu'il en soit le devoir aucun imprimé ne peut le placer
ailleurs : poursuivre avec poursuivre sans
en chantant dans l'épaisseur d'une langue qui ne sépare rien
par le verre de thé rencontres regards
de part&d'autre vœux derniers vœux tremblants de très proche bonheur 

dimanche 7 février 2016

070216


je croyais que l'obscurité était reine
depuis ce moment où
trèsenfant je touchais un bord de ciel
comme une folie & je me départais
du bonheur des hommes. hantée par la mort
le vertige l'absolue fragilité des chairs
la terrifiante inconsistance des âmes.
on se convainc facilement du gouffre de l'éphémère.
debout pleurant debout titubant debout –
& puis Redon découvre la couleur – la couleur monte à l'assaut de Redon –
désormais le mystère s'attache
aux collerettes qui font de certaines fleurs des étoiles.
il faut écrire noir. il faut écrire puits.
il faut écrire désespoir ou platitude
des êtres. je ne suis pas poète. j'écris ce qu'il me plaît
puisque ce temps ne dicte plus rien que l'urgence de vivre.
aujourd'hui j'écris ton corps dans ton corps ton sourire
dans ton sourire les saisons défilant une à une dans
la saison une goutte de neige ou le pétale clair
l'iris noir la flambée rouge des sexes & dedans encore
des portes entrouvertes des voilages aux fenêtres
des fenêtres qui flottent sur des pays circonscrits de nuances
dans la nuance l'horizon dans l'horizon profond
ton baiser. 

samedi 6 février 2016

060216


c'est assez simple au fond & l'on ne peut pas
être original en tout ou plutôt on peut l'être
en rien donc simple & vieux comme le monde
disons comme le monde parlant le monde
articulé dans la bouche des hommes & la bouche
des femmes qui sont si proches l'une de l'autre
bouche&bouche simple&simple que dirais-tu
toi si l'on se retrouvait vieux au début des temps
à nous hommes&femmes bouchecontrebouche
éternelle aurore en cette fin je t'en avais
averti toute simple cette histoire en rien
originale notre histoire du début notre histoire
du monde notre singulière histoire

jeudi 4 février 2016

040216


l'univers fait en sorte que
nos corps s'emboîtent
bien pile-poil perfectamente clic clac
bien on s'en tiendra à bien qu'ils s'emboîtent donc ainsi
que nos soupirs s'emboîtent pareillement &
nos regards eux auraient plutôt tendance à bien s'imbriquer bien
& s'imbriquant comme cela ne bâtissent aucun mur mais fondent
des cités indécemment ouvertes à
l'univers qui fit fait & fera 


mercredi 3 février 2016

030216


sans savoir qu'il existait ainsi
une tendresse portant nom de toi
une éloquence ayant forme de ton corps
une voie tracée sur la terre qui demeure à jamais amoureuse
je vivais –
depuis moi glisse un pan qui demeure obscur & rempli de mystère
insaisissable déposant sous les paupières un fond léger de givre
soit – que tout cela s'obstine & vive – il est autant de mots que d'ombres –
que tout rie & que tout s'efface – qu'ailleurs sous d'autres chairs d'autres souffles
meurent ou renaissent –
ici s'inaugure le temps des clairières
à tes côtés pour moi murmurante du monde & pour le chant qui entre nos lèvres
décida d'habiter 

lundi 1 février 2016

010216


c'est un joli jour pour l'amour –
ce qu'elle se disait en admettant
de loin le bruit du monde & les éclats
perdus de voix comme des balles
humaines – des voix humaines –
ce qu'elle se disait
considérant la ligne chaude de sa nuque – un joli joli jour –
ailleurs le temps bataille
les épopées entassent leurs armes & leurs guerriers
des enfants hurlent des monstres jouissent
des peurs s'engraissent d'ordures aussi vieilles que nous
– un joli –
o                    même pas le printemps se dit-elle
la colline est lourde de pluie
elle se dit
un présent comme un autre en ce joli jour joli