mercredi 18 novembre 2015

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devant le grand corps des joies
ce n'est pas tout à fait le silence
un bruissement dévoile les peaux
une rumeur lustrale parcourue de
frai & de fuites traversée de questions
à la nuque rompue éblouie de renversements
& de chutes ornées – une multitude –
ornées de chants ou de mots – une multitude –
puis se jouant du monde grand prédicateur de lois un amour
toujours renaissant


mardi 17 novembre 2015

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je voudrais bien encore un peu parler d'amour
& ne rien oublier – rien dans les fougères mortes
la toile du chemin qui tisse notre lit & notre bonheur
rien – les mains multipliées qui se troublent en formant
sur la peau un soleil sur la peau une à une franchie
chaque étape du ciel –
rien ne rien oublier en demain qui existe peut-être
en demain qui sera guerre ou son inverse
en demain silencieux engloutit sous la crue
d'une fureur froide – rien ne rien
oublier de la délicatesse qui porte ce temps
contre tous les temps – de la délicatesse qui murmure
je t'aime à l'ombre des ronciers qui murmure sans rien
oublier des combats ni de ceux-là désentraillés qui peuplent
l’extrémité des hommes

samedi 14 novembre 2015

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des cris
l'obscurité
des cris au lieu d'étoiles
l'obscurité & le fracas & le silence
& le fracas au lieu du verbe
des cris
la lumière plate dans les regards des porteurs de mort
les lanternes glaciales accrochés à leurs chairs
des cris d'humains & de choses
la palpitation monstrueuse d'un dieu
des globes éteints
ailleurs un amour ici un amour qui s'étire
une aube un murmure naissant embrasé d'innocence
un corps effondré qui s'arrache des ombres 

mercredi 11 novembre 2015

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sur la ligne une lumière lourde
les pas sont lourds
le corps est lourd
entre les êtres l'espace s'étrangle – colonne de plomb où des errants creusés tentent encore un envol – là naissent les ombres dans les ombres les ombres des ombres –
eux avancent & fendent ce qui ne se comprend pas
ils dérivent démâtent déroutent ils flairent le présent torve des confins
puis élargissent leur front
dilatent leurs narines
ouvrent leurs lèvres d'or pour acculer le dernier baiser
aux éternités du chant
ils font de l'extrême tourment le cœur d'un bouquet virginal

lundi 9 novembre 2015

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vient
l'idée d'interroger la frontière
ou bien que la frontière nous interroge
vient & observe
qu'ici nous sommes que là plus tout à fait, creusés de lampées étrangères
qu'on s'éparpille en bornes qu'on suit-plongeant le talweg
qu'on suit-volant la ligne de crête
& que toujours
pointparpointparpointparpoint
on dit plus bienmal que la réalité qui est grand espace sans nom
peuplé d'étoiles froides & de baisers qui ne comprennent rien
aux entailles du monde brûlent toutes les cartes & rebattent entre lèvres
la souveraineté de chaque certitude

dimanche 8 novembre 2015

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le reflet est notre lumière
dans la nuit étonnée où l'ombre bascule
vers la matière épaisse & chaude
de mers lointaines & inconnues

la traversée se pare du simple
frissons en écho                   o
coque ouverte aux vents
qui n'ont pas de réponses

o               l'île glisse sous les étoiles
embrasse l'étrangeté des trajectoires
sensuelles avec l'amour qui s'accorde
à tout miracle ordinaire

samedi 7 novembre 2015

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la conclusion est évidente –
fiouu coup de vent
elle s'éboule avec ses paquets de sable
de nouveau tout est à creuser pour retrouver le germe vif du temps éteint
sous le sucre éphémère des acacias sous leur neige
l'arabesque boueux des godillots cloutés la chair tendre qui perle son mot pourpre
la course des mèches à jamais entremêlées d'enfance
tout cela derrière ton front blanc&bleu
qui touche à nouveau les nuages